Jeudi 16 février 2006

 

Bon! Ok, Mea Culpa! je le reconnais, l'autre jour en Bretagne je vous ai un peu laissé en plan avec ma saga blogesque...

Vous vous attendiez à entendre le bruit des cigales et voilà ti pas que je vous balance un post super sérieux ("mièvre" selon un  lecteur, mais je m'y attendais! c'est sujet à polémique) sur le racisme.

Toutes mes plus plates excuses, il m'a fallu un peu de temps pour trouver l'envie et l'énergie de terminer cette histoire. Mais ce soir, chose promise! dernier volet et épilogue du feuilleton, après basta! On passe à autre chose...

Je ne vais pas m'étendre sur tous les détails de l'affaire, car l'issue en fut assez douloureuse. Après vous avoir fait lanterner durant 3 posts, je vous dois bien tout de même une fin, c'est la moindre des politesses ;-)

On en était resté à ces dernières 24 heures de vacances enchanteresses. Evidemment, avec Petit Marseillais, on profite au maximum de ces moments, heureux et insouciants comme peuvent le faire de jeunes amoureux un peu fous. L'osmose, une forte attirance, des personnalités à priori compatibles et une belle sensualité étant les principaux ingrédients de cette rencontre, on a sans doute confondu désir et amour, plaisir et sentiment. Tels de jeunes chiots fougueux, nous étions dans l'instant, pour nous ni obstacle ni faille, tout paraissait évident. Chateaux en Espagne, plans sur la comète, tourbillon émotionel, impatience amoureuse, avenir à deux, tout y est pasé! L'enthousiasme du fiancé de l'été m'a surprise, désarçonnée, cet enthousiasme qui à la fois fait peur et chavirer... Je n'ai rien fait pour y résister.

Bon! Pour l'heure je dois quitter la cité phocéenne, il me raccompagne à la gare St Charles, on s'embrasse une dernière fois, le moment de se séparer est venu! Bien sûr c'est dur, bien sûr on est tous les deux émus.

 

3ème semaine de Juin...

Je ne pourrai pas revenir avant fin juillet, 5 semaines! C'est long! Mais pour se donner du courage, une contenance, on se rassure: "tu verras ça va passer vite"...

Ptit Marseillais va en profiter pour parler à Stéphanie, il veut mettre un terme à leur relation... je culpabilise, je ne veux pas être celle qui... il me rassure, dit que je ne serais pas celle là... De toutes façons, avec ou sans moi, il avait déjà sérieusement envisagé cette séparation. De retour à Paris, les collègues me trouvent la mine embellie, l'air épanoui. Il est vrai que je me sens d'un coup plus heureuse et légère. Ptit Marseillais est tombé à point nommé, il m'a redonné joie de vivre et espoir, a porté sur mon corps un regard plein de désir, carcasse dont je m'accomodais si mal à ce moment précis de ma vie, enveloppe charnelle dont mon précédent amant n'avait eu de cesse d'en reprocher les contours un peu trop ronds.

On se téléphone chaque jour, on se dit des choses tendres. Je réserve déjà mon billet pour l'été, c'est concret, ça fixe une échéance, un calendrier. Cinq jours après mon retour, au détour d'un chat, le ptit fiancé branche sa webcam. Je peux soudain le voir apparaître là... en grand, devant moi... sur l'écran, quasi palpable.... percevoir son sourire, son regard, deviner le baiser qu'il m'envoie... fondre devant son air enfantin, son air taquin... C'est déstabilisant et troublant, je sens sa présence à la fois si proche et si lointaine... Les mots que nous taperont ce soir là sur le clavier ne seront pas très sages, ces lettres mises bout à bout ont fait monter fort le désir malgré les 800km qui nous séparent. On  se manque tellement! Ptit Marseillais a parlé à sa jeune étudiante, elle est malheureuse, il s'en veut mais reste convaincu d'avoir pris la bonne décision.

Pour ceux qui me suivent depuis le début, vous avez sans doute perçu mon caractère entier, spontané, parfois impulsif. N'écoutant que mon instinct, cette nuit là d'un simple Clik je réserve un aller-retour pour Marseille, week-end surprise dédié au ptit fiancé. A peine 8 jours se sont écoulés, me voici déjà dans ses bras, c'était plus fort que moi, j'en avais très envie, pas su résister! Véritable coup de folie, j'étais fauchée comme les blés! Flatté et surpris, il vient me chercher à la descente du TGV. Je le trouve fatigué, l'air préoccupé. L'accueil est néanmoins tendre et chaleureux. Ptit Marseillais a vu son étudiante la veille, ils ont parlé toute la nuit, elle a beaucoup pleuré. Il a mal pour elle, il s'en veut, il est décidémment très sensible.

Le samedi se passe sous le soleil de la calanque de Sormiou. Malgré les baignades, les rires, la complicité et une apparente insouciance, un malaise s'installe insidiueusement... progressivement... jusqu'à ce qu'éclate l'orage en soirée. Il craque, il a besoin d'être seul, se sent mal, ne peux pas faire l'amour une fois avec l'une puis avec l'autre. Il est perdu, réalise soudain que l'on s'est peut-être dans cette histoire un peu trop précipité, réclamme à être seul, seul,  enfin SEUL ! Je pleure, je ne comprends pas, je m'étais moi aussi laissée embarquer, je croyais à la beauté du mirage, à l'annonce de ce bel été au bord de la Méditerranée.

On rentre, le chemin à pied jusque la voiture est terriblement long, silence gêné. Chacun rumine dans son coin, le bonheur semble déjà loin... Une fois chez lui, on amorce un début de dialogue, on essaye de comprendre. C'est la confusion des sentiments, un "Jules et Jim" à l'envers, pour moi un peu l'enfer, mon ptit  motard a besoin d'y voir plus clair. La nuit est sans sommeil, je me sens perdue, en plein brouillard. Le lendemain, on essaye de faire comme si, en faisant comme ça: départ pour la plage. Nous tentons de chasser ce gros nuage, mais le coeur n'y est plus, quelque chose s'est cassé, j'en suis sûre, je le sens, mon instinct me trompe rarement...

Lundi matin

L'amant las et fatigué de ne plus dormir me racompagne une dernière fois sur le quai de cette maudite gare, promet de me rappeller, me demande de lui laisser du temps, il va réfléchir, se déterminer, me tiendra au courant...

EPILOGUE

Ptit Marseillais est un homme rare et exceptionnel, un être profondément honnête, tendre et authentique, le coeur pris entre deux femmes: l'une qu'il connaît à peine et habite si loin, l'autre qu'il connaît bien et réside si près... C'est un homme de parole, qui ne sait pas jouer ni faire semblant. Il n'a pas pu rester indifférent face au désarroi et au chagrin de son étudiante avec qui il pensait partager si peu mais au final, l'essentiel:

 Les Sentiments!

Il m'a effectivement téléphoné, ne m'a pas trop fait poireauter... s'est maintes fois excusé... s'est expliqué... était attristé... s'est inquiété de ma petite personne, s'en voulait du mal qu'il me faisait... m'a envoyé fin juillet un mandat, remboursement de billets trop tôt réservés. C'est un gentleman! Evidemment que j'ai eu mal, que j'ai souffert, mais c'est ainsi! on ne rencontre pas toujours la bonne personne au bon moment. Et je me suis sans doute aussi trop enflammée, ce second séjour à Marseille était probablement prématuré...

Néanmoins je ne regrette rien car si ce fut bref, ce fut aussi et surtout très intense!

Pendant un temps, on s'est réguliérement appellé, jamais revu...

Puis les nouvelles se sont estompées, pour un jour ne plus exister.

Ptit Marseillais, je ne pense pas que tu me lises, mais je te souhaite tout le bonheur possible avec cette demoiselle, parce que tu le vaux bien! Je ne t'ai pas oublié, je ne t'en veux pas, j'ai compris...

Ce Post t'est tout spécialement dédicacé...

Cette histoire, je la conserve précieusement dans l'écrin de mes doux souvenirs, entrouve la boîte de temps à autre, quand dans mon coeur il fait froid....

 

Voilà chers lecteurs...

END OF THE STORY !

 

 

par Maylis publié dans : Quotidien de Bridget Jones
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Mardi 14 février 2006

Alors, tout d'abord OUI! il fait beau en Bretagne, et re-OUI! j'en profite à max de ces vacances, me déconnecte du virtuel, d'ailleurs c'est fou comme ça fait du bien! 

Si je post c'est par simple plaisir d'écriture, je grifouille sur des carnets le soir avant de m'endormir. Le cyber, c'est maxi 1 heure car le soleil est bien plus attrayant que cette salle pleine d'ordis! Voilà qui est dit!

Pour aujourd'hui, l'épilogue du "Ptit Marseillais" attendra un peu. Raviver par des mots le souvenir de cette histoire m'a plus touchée que je ne l'avais imaginé. Ce que j'ai ce jour envie d'écrire me paraît par ailleurs bien plus important...

Ce qui va suivre est une ébauche de pensée, un point de vue personnel sur un sujet qui donne actuellement matière à réagir:

Le Racisme

On peut être futile et fleur bleue, surfer sur Meetic, rencontrer moult blaireaux, aimer faire le récit de ses péripéties amoureuses sans pour autant oublier de réfléchir, de penser. L'actualité récente, celle des dessins pseudo-humoristiques sur le prophète Mahomet, émanant d'un groupuscule extrêmiste, toute la polémique et la violence qui s'en sont suivies, la liberté de la presse que je suis la première à défendre, le fanatisme à dénoncer, a fait l'objet de plusieurs posts chez d'autres blogueurs. Je vous recommande particulièrement la lecture des textes de DS et Taliesin sur le sujet.

L'affaire est complexe, il m'est difficile d'avoir un point de vue clair et déterminé, je ne suis pas une spécialiste et regarde l'actualité de manière insuffisament assidue pour développer plus encore la thématique.

Toutefois, ces faits récents m'ont inspiré le présent post. Il n'est que le reflet de mon sentiment personnel, il n'a aucune vocation à convaincre, n'est que l'expression de mon point de vue. On peut en être d'accord, ou au contraire le réprouver, peu m'importe! Le blog étant par excellence un libre espace d'expression, l'actualité ayant eu effet de déclic, et bien j'ai justement décidé de m'exprimer!

Mon propos d'aujourd'hui n'est pas de reprendre les faits, mais plutôt de partager mon incompréhension face au phénomène du racisme, expliquer comment je me suis construite dans ma façon d'aborder l'AUTRE,

celui que je ne connais pas,

celui qui n'a pas la même couleur de peau que moi,

ni la même culture, ni la même religion,

celui qui n'a sans doute pas le même pays d'origine que le mien ni les mêmes croyances et repères familiaux.

Par idéalisme et humanisme, par sensibilité aussi, j'ai toujours été choquée par toute forme de racisme, d'intolérance et de rejet (homophobie, non acceptation de la différence, antisémitisme, anti-maghrébins, anti-blacks, mysoginie, etc... ).

Cette attitude n'est pas à confondre avec laxisme et démagogie. Je reste très attachée à l'idée fondamentale que tout citoyen qui revendique des droits a aussi et avant tout des devoirs, je n'excuse ni ne cautionne aucune forme de violence. Cette façon de penser s'est forgée avec le temps, les années, les expériences.

Durant l'enfance, j'ai grandi dans un village constitué à 98% de bretons. Au collège, au lycée, que des visages pâles, pas d'autre couleur à la palette adolescente. L'été, l'arrivée massive de parisiens dans nos contrées était parfois vécue par les locaux comme une véritable "invasion", suscitant qolibets de la part de gamins:"parisien tête de chien, parigot tête de veau"....

Mais tout cela n'est qu'apparence et surface, blague de potache. Si on va au-delà, le breton, sauf exception, une fois sa confiance gagnée, est par tradition ouvert et hospitalier. Probablement influencé par ses ancêtres marins, il est rarement raciste. Certes, Le Pen me direz vous est de chez nous... sauf qu'il est notre honte, que c'est dans la région Bretagne qu'il obtient ses plus faibles scores!

J'ai grandi auprès de parents qui m'ont inculquée des valeurs de générosité, de partage, d'ouverture à autrui et de tolérance. Ils m'ont aussi transmis leur goût de la lecture et des voyages: ça aide à s'ouvrir l'esprit, à être moins ingnorant du monde qui nous entoure. Je n'ai jamais été encline à des sentiments racistes. Lorsque je demande à mon voisin d'arrêter de faire du bruit à 4h du mat, qu'il me réplique un superbre "ta gueulle, salope de blanche!".... Je ne me dis pas "quel connard d'haïtien" je pense "quel connard tout court!". Pauvre mec! Dame Nature a oublié de te créer avec cerveau, Haïti n'a rien à voir dans tout ça....

A 18 ans, lorsque je "monte à Paris" comme on dit au bled, je découvre avec plaisir et curiosité une société pluriéthnique et polyculturelle. J'en profite pour m'initier au métissage musical et artistique, pour voyager, à la quête de nouveaux visages, de dépaysantes images. Etudes et métier m'amènent à être en contact avec des familles issues de l'immigration, avec ou sans papier, au mode de vie plus ou moins adapté à l'occident. Par le biais de diverses formations, j'ai la chance de m'initier à l'éthnopsy: j'apprends, ma soif est insatiable, je m'ouvre la tête, je cherche à comprendre, je lis, me documente...

Lors de séjours au Maghreb, en Afrique de l'ouest, en Turquie, le choc culturel est parfois important, voir déstabilisant pour une petite provinciale comme moi... je suis bousculée dans mon système de valeurs, ma conception du statut de la femme, mon mode de pensée, mon rapport à la spiritualité. Les incompréhensions sont parfois inévitables, elles nécessitent écoute, souci de dialogue, bienveillance et curiosité. Avec cet autre qui à la fois est différent et me ressemble, on n'est pas toujours d'accord, on palabre, on argumente, on se chamaille. Rites, codes, croyances différent mais jamais ne nous séparent, ne nous mettent en guerre.

Les amis sont à l'image de mes idées: cosmopolites et métissés. La différence ethnique, religieuse, culturelle, sociétale m'enrichit. Elle ne constitue ni barrière, ni frontière, mais signifie plutôt ouverture et nouvel hémisphère.

La montée récente du racisme dans les sondages, la discrimination à l'embauche, les réflexes de repli communautaire, les haines inter-religieuses, le fanatisme et toute forme d'extrêmisme, les discours franco-français, notre ministre Sarkosy qui veut "karchëriser" cités, français d'origine étrangère et flux migratoires, tout ce tumulte, tout cet amalgame, toutes ces incompréhesions, malveillance et sombre foutoir aujourd'hui m'alarme et m'interpelle.... Au delà de toute idéologie politique, je n'appartiens ni ne revendique aucun parti! tout ceci me parle sur un plan strictement humain et citoyen.

La nature humaine, justement! est rarement pleine de bons sentiments, empreinte d'empathie, de tolérance et de générosité. Le racisme prend probablement racine dans l'ignorance, dans la peur, les préjugés... parfois à tort, il peut être véhiculé par un sentiment de supériorité, il s'explique par la désinformation, la méconnaissance, la crainte de la différence, la bêtise, éventuellement un manque d'intelligence, d'ouverture d'esprit...

Chers Lecteurs!

Chacun à notre petit niveau, restons vigilants!

Ne nous laissons pas emporter par ces guerres intestines, ces haines d'un autre siècle. La France de demain sera probablement métissée, alors faisons en sorte dès aujourd'hui qu' enfants et futurs enfants puissent grandir dans une société un peu plus apaisée, au climat doux et tempéré, une société moins individualiste, plus ouverte et solidaire où il fera bon vivre.

Ce post restera sans doute un voeu pieux, mais il émane d'une blogueuse idéaliste et profondément pacifiste.

 

par Maylis publié dans : Billets d'humeur
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Samedi 11 février 2006

Le temps des vacances n'est pas le temps de l'internet...

J'apprécie le soleil, l'air pur, le calme, ce repos tant attendu. Je savoure les promenades sur la plage, la mer, les temps en famille et entre amis...

Pas question de rester scotchée des heures devant un écran! Toutefois écrire est devenu une habitude, un plaisir quasi quotidien, cela fait trois jours que j'ai quitté Paris et déjà l'exercice me manque... Alors je peux y consacrer une heure, j'ai pris des notes dans un carnet, ça me permet d'aller plus vite... et c'est un plaisir de vous retrouver!

Le cyber est tranquille, les conditions favorables.

Je vous propose le Ptit Marseillais, épisode 3, la mini saga de l'hiver relevée aux herbes de provence et du soleil méditerranéen. La suite et l'épilogue seront pour une autre fois, la dernière fois, promis!

Nous en étions restés à la ballade à Callelongue, avec en perspective un projet d'escapade à Cassis.

 

Ptit Marseillais passe le lendemain midi me prendre en moto, et oui! c'est un galant et gentilhomme! Je m'installe confortablement derrière lui et nous voilà partis, direction les Calanques. Nous prenons l'autoroute, le vent soulève mes cheveux et le tee-shirt, l'air est doux, agréable sensation de vitesse et de liberté. Les virages nous obligent à harmoniser nos mouvements, simple histoire d'équilibre, impression fugitive de symbiose et de rapprochement troublant des corps...

Nous approchons Cassis, prenons à droite bien avant le port, empruntons des chemins de campagne à travers vignes et pinède. Je me remplis les poumons de l'odeur de la Provence, écoute le chant des cigales, ouvre grand les yeux sur ce superbe paysage, qu'il est bon d'être en vacances, dans des lieux qui me sont si peu familiers. Enfin arrivés, mon ptit motard me guide jusqu'au bord de mer, dans un coin un peu reculé, sorte de grande pierre blanche et plate plantée au bord de la Méditerranée. Nous nous allongeons à quelques mètres des flots, le ciel est bleu azur, il fait bon, moment paisible à deux, où l'on  ne pense à rien, où l'on est juste bien...

Etendue ainsi, j'adore sentir la chaleur du soleil sur ma peau, humer l'odeur des embruns, écouter les vagues s'écraser contre la roche... Ptit Marseillais est juste là, près de moi.... Il ne fait rien,se détend, semble apprécier le moment...

Je ne prends pas l'initiative d'un baiser même si j'en meurs d'envie, je préfère laisser les choses se faire, laisser le désir peu à peu nous gagner. Savourer cet instant de plénitude et de simplicité me suffit.... Lorsqu'enfin! il se décide à m'embrasser, un baiser très tendre et très doux qui se fait progressivement plus fougueux et sauvage. La tête me tourne, c'est intense et fort, les caresses se font plus précises... C'est chaud, c'est bon, c'est un moment de pur bonheur, rien  d'autre ne compte que nous deux et ce plaisir qui nous envahit.

La présence à proximité de quelques baigneurs et adeptes de la bronzette dominicale a probablement freiné nos pulsions, sinon je crois bien que l'on aurait fait l'amour là, sur cette roche blanche, avec la mer pour seul spectateur tellement le désir et l'excitation étaient à leur apogée...

Le vent commence à se lever, l'air à se raffraîchir, il est plus de 18h... Nous remballons nos affaires et rentrons sur Marseille. Après un dîner dans un vietnamien de quartier, "mon fiancé de l'été" m'invite pour un verre chez lui. Je découvre ainsi sa garçonnière, il me fait visiter les lieux, met en sourdine une petite musique soul très agréable. Alors que nous savourons un ptit rosé de Bandol, nous parlons, nous découvrons plus encore, apprenons à nous connaître. Je suis impressionnée par son incroyable maturité, 30 ans à peine! par sa sensibilité, sa générosité, son enthousiasme, sa simplicité et sa gentillesse.

Mais très vite les gestes reprennent le pouvoir sur la parole et nous entraînent vers la pénombre de la chambre. Cette nuit là, nous dormons peu...

Ptit Marseillais se révèle être un homme extrêmement sensuel et attentionné. C'est un amant tendre et viril à la fois, qui dévore goulument et avec volupté chaque infime parcelle de mon corps. Il sent bon, il est doux, aucune gêne entre nous, juste le plaisir d'être ensemble. Tout paraît simple, naturel et spontané...

Sa jeune étudiante et mon torturé Girl's Collector sont à cet instant précis presque oubliés, même si leur ombre planent encore... A plusieurs reprises, nous nous levons pour observer les lumières de la ville, lui pour allumer une cigarette. A chaque fois, il arrive derrière moi et me prend par surprise dans ses bras, m'enlace tendrement. Je m'y sens bien, à l'abri des tumultes et des souffrances passées, je m'y sens en sécurité, pleinement rassurée...

Au petit matin, Ptit Marseillais me raccompagne, on est mardi, il doit partir travailler. Les yeux encore ensommeillés, l'esprit ailleurs, des cernes au coin de l'oeil, il me laisse devant la grille d'Elisa et me dépose un délicieux baiser en guise d'aurevoir.

Il est très en retard, il doit partir bosser...

Moi, plus chanceuse et paresseuse, je retourner me coucher et doucement rêvasser.

Dans exactement 24h, je vais devoir rentrer sur Paris, mais pour le moment, je préfère ne pas y penser...

Suite et Epilogue pour très bientôt ;-)

En attendant je vous souhaite un très bon week-end, en espérant qu'il sera aussi ensoleillé que le mien. Je repasserai poster en début de semaine et rentre sur Paris mercredi soir, très tard.

Bisous à tous!

par Maylis publié dans : Quotidien de Bridget Jones
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Jeudi 9 février 2006

 

 

Je sais, c'est pas très cool, je vous ai un peu laissé en plan hier, ce n'est aps dans mes habitudes, mais il était tard, la fatigue aidant, le manque de temps, voilà! Vous m'en voulez pas trop???

Avant le départ pour la Bretagne, je me suis dit que je vous devais bien un ptit début de suite...

Parce que le Ptit Marseillais, on sent bien que c'est un adorable garçon, qu'il a du potentiel, on a un peu envie de savoir ce qui va se passer, s'il va la manger toute crue la prude et romantique Maylis???? Bon! je reconnais que le soir de l'apéro, j'ai pas été des plus sages, les effluves de l'alcool, tout ça... mais j'ai été correcte tout de même, juste ce qu'il faut de taquinerie. Faut pas oublier: il était accompagné le petit!

Pour les gourmands de lecture et d'histoires sentimentales, faudra encore patienter un peu, je ne terminerai pas tout ce soir, because demain matin TGV! Et il est déjà tard, mais je devrais bien dénicher en Bretagne un petit cyber local, je poursuivrai donc de là-bas dès que j'ai un moment ok?

Pour l'heure, ce que je vous propose, c'est  qu'on se la fasse genre feuilleton à épisodes, "les feux de l'amour sauce aïoli" ça vous tente?

Allez! c'est parti!

Tout le monde rentré chez soi, Bastian sème donc le doute dans mon esprit, je dirais même le trouble, avec ces soit disant confidences que son ami lui aurait faites...

Elisa, qui est une vraie amie au sens noble du terme, et qui perd rarement le nord, lance une idée lumineuse: "Puisque dimanche, on réunit mes collègues autour d'un barbecue à la maison, invite donc Ptit Marseillais! On verra bien s'il viendra, seul ou accompagné..."

Et voilà une affaire qui roule, je dirais même qu'elle fut rondement menée!!! Autant je crois rarement aux rendez vous arrangés, autant quand la surprise et la spontanéité s'en mêlent, on peut parfois être agréablement surpris.

La semaine s'écoule donc tranquillement, j'en profite pour interroger un peu plus mes amis sur Ptit Marseillais et sa relation actuelle qui parait si peu le satisfaire. Je m'aperçois alors que c'est étonnant que l'on ne se soit pas croisé plus tôt, il est le meilleur ami de Bastian, passe semble t-il souvent à la maison, les deux garçons aimant bricoler et faire de la moto. Le dimanche arrive, avec son lot de marseillais en bermudas, les collègues d'Elisa en fait et bien évidemment, celui que vous attendiez tous, seul cette fois. Mademoiselle l'étudiante est partie faire du shopping avec ses copines de fac, ça tombe bien! Au début un peu intimidée par tous ces nouveaux visages et ce jeune homme au charme certain, je ne suis pas des plus à l'aise, je me trouve donc une contenance en m'autoproclamant préposée au barbecue. Ce que vous ne savez pas encore c'est que Pti Marseillais a quasiment dix ans de moins que moi, qu'il est un homme discret, manquant d'assurance et peu entreprenant avec les dames, en tous cas selon son ami Bastian! Car ce jour là il va se surpasser! Alors que je m'occupe des grillades, il tente une timide approche, me demandant si je serais partante pour une ballade en moto en fin d'après-midi. J'accepte. Nous commençons à papoter, il me donne un coup de main, nos gestes sont parfois maladroits, le trouble est palpable...

Je rougie, il rougit, on dirait deux lycéens qui se plaisent, qui s'observent, se jaugent et hésitent, c'est très mignon. De temps à autre, des vannes fusent à l'autre bout du jardin, quelques collègues d'Elisa nous prennent même pour un couple, la situation est assez cocasse. Lorsque soudain, Ptit Marseillais se décide pour le grand plongeon... il me regarde intensément et me lance: " Maylis, tu me plais beaucoup, je te trouve séduisante, ton sourire, tes yeux.. et surtout très désirable."

Wouaahhh! Alors là! j'ai pas vraiment l'habitude qu'on s'adresse ainsi à moi, ni accoutumée à susciter de telles déclarations, je me sens d'un coup très con... J'ai plus le souvenir de ce que j'ai pu lui répondre tellement j'étais décontenancée. Bon! je vais pas faire ma bégueule, j'étais aussi flattée... sortant d'une relation où j'avais été rabaissée plus bas que terre et plutôt malmenée par un torturé de première, Girl's Collector, ça fait du bien de s'entendre ainsi parler.

 

Bref! L'après-midi se passe, les invités commencent à se rentrer et Maylis enfourche la moto du Ptit Marseillais... il est environ 17 heures, le soleil est encore haut dans le ciel, direction la Corniche, le Prado et Callelongue. Au début un peu froussarde, je prends vite goût à cette ballade, faut dire que mon chevalier servant conduit bien et prudemment. Ca me fait tout drôle de le sentir si près de moi, dans les virages je suis parfois obligée de me cramponner à sa taille, ces rapprochements des corps provoquent un petit quelque chose dans le bas du ventre.

J'aime ces moments où l'on devine que tout est encore possible mais que rien n'est encore certain ni acquis, ces moments de doutes teintés de séduction. Il y a parfois dans la vie des instants comme ça de pure magie, des secondes où vous avez l'impression de décoller du sol, où vous vous surprenez à penser  tout haut: "Pince toi ma cocotte, ce n'est probablement qu'un rêve"

Tellement c'est beau, tellement c'est chaud, tellement c'est inattendu, tellement c'est plein d'imprévu...

Cet homme qui est là, si près de vous, dont vous frolez parfois le corps, cet homme ressemble si étrangement à celui qui hante vos songes, à celui qui vous fait la nuit fanstasmer...

Sa gentillesse, la tendresse qu'il dégage, le regard qu'il porte sur vous, son côté sain et rassurant....

Ces moments là, de pur bonheur, d'intense délice, d'éveil des sens, sont à savourer, à apprécier car ils sont souvent fugaces. Ma petite expérience de désormais jeune quadra m'a appris que la fougue et l'enthousiasme que vous pouvez parfois susciter peuvent disparaitre aussi vite qu'ils sont survenus...

Cet après-midi en question, en dehors d'une promenade romantique au bord de la mer et d'une tranquille causerie sur les rochers, il se passera peu de choses. Le lendemain par contre, une nouvelle invitation pour une escapade d'une journée entière, cette fois direction Cassis, évidemment je dis banco! Les choses vont alors se préciser: vous comprendrez mieux pourquoi j'ai parlé plus haut d'enthousiasme et de fougue...

Mais puisqu'on est dans un feuilleton à la sauce méditerranéenne, relevé au pistou et a l'aïoli, qu'il est près de minuit, que Maylis est lessivée, je vais vous dire:

 

Suite au prochain épisode...

 

 

 

 

par Maylis publié dans : Quotidien de Bridget Jones
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Mardi 7 février 2006

Cette jolie histoire, je ne l'ai pas vécue sur Meetic mais à l'occasion de vacances dans le sud.

C'est toujours au moment où on s'y attend le moins que ce genre d'instants magiques viennent vous surprendre...

C'était l'été, au mois de Juin, il y a environ un an et demi, cela se passe à Marseille...

Je sors alors d'une déception sentimentale douleuse, après m'être embourbée durant plus d'un an dans une relation compliquée et néfaste avec Mister Girl's Collector.

Le coeur en lambeaux, l'âme embrumée, j'avais besoin de repos et de légéreté.

Sur un coup de tête, après m'être toutefois assurée que mes amis pouvaient m'héberger, je réserve une place dans le TGV... et Hop! à moi la belle ville de Marseille et le soleil de la Méditerranée!

Il faut dire que pour une convalescence amoureuse, on peut difficilement rêver décor plus paradisiaque: villa de plein pied de style californien, piscine, transats et terrasse plein sud, palmiers et végétation luxuriante, le tout à l'abri des regards et du bruit. L'amie qui me reçoit, Elisa, est une vieille copine de promo. Après nos études, nos chemins ont divergé sans pour autant jamais se séparer. Elle, la banlieusarde, a quitté la capitale pour Marseille, où elle vit avec ses enfants et son compagnon. Moi, la bretonne, après avoir un peu bourlingué en Grèce et en Allemagne, fait ma routarde sac au dos, avoir accepté un premier poste à Quimper, me suis finalement établie à Paris.

Elisa m'a préparée la chambre de sa fille, elle me fait visiter les lieux, je n'étais pas venue depuis leur nouvelle acquisition. J'ai toujours aimé la ville de Marseille, sans doute un peu par nostalgie, mon premier grand amour y étant né, mais aussi parce qu'étrangement, j'ai souvent croisé sur ma route des personnes qui ont choisi d'y vivre. Elle ne ressemble pas à ce qu'imaginent les gens... 

La cité phocéenne est vivante, multiculturelle, dynamique, chaleureuse, colorée, variée, vibrante, accueillante, belle et contrastée. 

Le deuxième jour de ce séjour, nous partons à la plage de la Pointe Rouge. Bains de soleil, baignades, papotages entre fille, salade sur le pouce, complicité et fous rires, une après-midi farniente comme je les aime. On parle évidemment de mon dernier largage en date, celui qui m'a tant fait souffrir, de la complexité des relations amoureuses, de l'insatisfaction des femmes qui ont tendance à être attirées par des histoires compliquées alors que parfois, juste à côté d'elle, se trouve un charmant jeune homme qui ne demanderait qu'à tomber amoureux.

C'est à ce moment qu'Elisa évoque le meilleur pote de son fiancé, Bastian. Il porte un prénom breton, en raison des origines celtes de son père. Pour nous, il sera Le Ptit Marseillais ! Ce jeune homme, que je n'ai encore jamais vu, a selon mon amie tout pour plaire à une femme. Or il est pas très heureux en amour, est avec une étudiante beaucoup plus jeune que lui depuis bientot un an, avec laquelle il partage semble t-il peu de centres d'intérêt.  Bastian les a invités le soir même à dîner, ça tombe bien! je vais pouvoir faire leur connaissance...

Le soir venu, le moment de l'apéro et de la traditionnelle mauresque arrivent... on s'installe sur la terrasse, au bord le la piscine. Les invités sont là, les présentations faites, la soirée peut commencer. Je ne peux pas m'empêcher d'observer à la dérobée Ptit Marseillais et sa copine Stéphanie. Autant il est souriant, ouvert, drôle, sociable galant et agréable, autant elle paraît timide, mal à l'aise, peu expansive et vriament très jeune. Ce petit couple m'intrigue et je comprends mieux ce qu'a tenté de m'expliquer un peu plus tôt dans l'après-midi mon amie. Ptit Marseillais n'est pas à proprement parler un bel homme, je dirais plutot que sa gentillese, ses yeux doux et son sourire l'irradient de charme. Le rosé et l'ambiance estivale aidant, peu à peu l'atmosphère se détend... Bastian nous régale de son humour, l'humeur devient taquine, et croyez moi! dans ces cas là, je ne suis pas en reste! Quelques regards furtifs s'échangent entre Ptit Marseillais et moi, je me fais soudain plus coquine, des sourires charmeurs se glissent, des allusions suggestives, je me régale! Certes il n'est pas seul, je ne l'oublie pas! mais pour moi ce n'est qu'un jeu sans conséquence, et puis Stéphanie est tellement peu présente dans la conversation, paraît tellement absente...

La soirée s'achève tard dans la nuit, on a passé tous ensemble un moment délicieux, de détente et de franche rigolade, non dénué d'un soupçon de séduction. Alors que j'aide Elisa dans la cuisine et que nous échangeons nos impressions sur le dîner, Bastian vient nous rejoindre et me glisse à l'oreille, sourire aux lèvres:

"Tu sais que tu es le genre de femme qui plaît à mon pote? Tu ne lui as pas déplu, il me l'a dit en partant. Ptit Marseillais aimerait te revoir je crois!"

 

A suivre...

par Maylis publié dans : Quotidien de Bridget Jones
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