Samedi 12 janvier 2008

 

 

C'est rare que je parle cinéma sur ce blog. Pourtant j'y vais souvent... Sauf que là j'ai vu un chef d'oeuvre, qui m'a véritablement touchée, éblouie, fait voyager: "Into the wild" de Sean Penn. La critique est ditirambique, la bande annonce donne envie d'y aller. Mais pour une fois je n'ai rien lu sur le sujet avant d'y aller, afin d'être totalement vierge au moment de la découverte.

L'histoire, inspirée du roman du même titre de Jon Krakauer (publié aux presses de la cité) est véridique: celle d'un jeune étudiant de 22 ans qui quitte brutalement amis, famille, fac pour partir sur la route. Comme au bon vieux temps de Jack Kerouac. Sauf qu'il ne prévient pas son entourage, fera tout pour effacer ses traces, sera  en totale rupture avec les siens. Il va traverser les Etats-Unis, épris de liberté, à pied ou en stop, poursuivant un vieux rêve: rejoindre l'Alaska. Pour y vivre, seul, face à la nature et ses beautés. Face à lui même aussi.

Tout au long de son périple, il fera des rencontres insolites: un couple de babas, un grand père solitaire, un badboy au grand coeur, une jeune adolescente des plus charmantes. Tous vont s'attacher à celui qui se veut justement sans attache... Jusqu'à l'ultime étape, l'Alaska. Ses paysages grandioses, son isolement, le froid, le gibier et les plantes comme seules nourritures, son journal et un vieux bus déglingué comme habitation.

C'est difficile de communiquer par écrit son enthousiasme mais personnellement, durant 2h30 de ce périple, je ne me suis pas un seul instant ennuyée. Au contraire, j'ai été transportée, j'ai voyagé, je me suis identifiée. Je me suis interrogée aussi: "aurais je été capable de vivre cette expérience singulière? La réponse est clairement non!

Sean Penn a longtemps été fasciné et hanté par ce jeune héros, Christopher Mac Candless. Il s'est bataillé pour pouvoir raconter au cinéma l'histoire de ce doux rêveur idéaliste. L'acteur du rôle principal, Emile Hirsch, est tout simplement époustouflant. Je terminerais cet article sur un commentaire du réalisateur: "l'éclat du regard de Christopher, ou je me retrouvais un peu moi même, la paix très singulière qu'on éprouve lorsqu'on largue les amarres, cette excitation qui nous libère quand on part sans savoir ce que l'on trouvera en chemin. (....) C'est sur la route qu'on apprend quelle est notre place dans le monde".

 

par Maylis publié dans : Univers, Goûts et Couleurs
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