Dimanche 30 juillet 2006

De lui, vous ne verrez que ça ;-)
Il a horreur d'être pris en photo et tient à une certaine discrétion. Habibi et moi, on s'est immédiatement bien entendu. Français d'origine algérienne, 44 ans, divorcé, père de deux adolescents, il a été d'emblée très clair avec moi. Il me proposait une relation ami-amant à prendre ou à laisser! C'était il y a un an, fin avril 2005. A l'époque je me débattais avec d'importants problèmes de santé, je n'avais pas l'énergie pour investir une relation compliquée. Le deal m'a paru ok, j'ai accepté. Cette apparente légéreté et insouciance me convenaient. A cette période là de ma vie, j'avais surtout besoin de sortir, de me changer les idées, bouger, m'amuser. Bien que l'aspect sensuel n'était pas le point fort de notre relation, l'histoire a plutôt bien fonctionné. Elle s'est terminée fin novembre, il y a maintenant six mois.
Habibi m'a séduite lors d'un chat endiablé qui nous a entraînés jusque tard dans la nuit. Je ne suis pas prête de l'oublier, ce fut mon chat le plus fou, le plus fluide, le plus délire. Sa spontanéité, son humour, sa réactivité m'ont tout de suite attirée. Pas vraiment sa photo, il était beaucoup mieux en vrai. Le genre d'homme qui a du chien, qui vieillit bien, qui a un beau sourire, un regard malin. J'étais son premier vrai contact sur Meetic, il était inscrit sur le site depuis 15 jours. Habibi n'avait pas encore eu le temps d'être "pourri par le système", c'est avec franchise et une certaine candeur qu'il abordait la rencontre. A peine 10 jours après s'être vus, il a retiré sa fiche, c'est dire son honnêteté!
Son côté naturel et sans calcul m'a rapidement séduite, sans pour autant que lui ni moi ne tombions réellement amoureux au fil des mois. Je parlerais plutôt de complicité, de confiance, de charme et d'amitié. C'est un homme fiable, très serviable et généreux, authentique, drôle et équilibré. Après tous les névrosés de service et les indécis que j'ai pu croisés, cela m'a fait du bien. Je l'ai laissé peu à peu entrer dans ma vie. Il m'a rassurée, valorisée, stimulée. Pour entrer dans la sienne, ce fut plus compliqué. En près de 9 mois de relation, je n'ai jamais rencontré ni ses enfants, ni ses amis, n'ai jamais mis un pied chez lui. Il avait gardé un mauvais souvenir d'une femme trop vite présentée, il voulait se protéger, se préserver, ne pas s'engager. Nous avions toutes les apparences d'un couple normal. Nous sortions toutes les semaines au cinéma, il m'invitait régulièrement au restaurant, me dépannait mon Pc, nous allions ensemble nous balader. Habibi connaissait mes amis, puis ma famille. Il est même venu quelques jours en Bretagne l'été dernier, cela s'est bien passé. Je l'ai rencontré à une période charnière de son parcours: après un licenciement suivi de chômage, il reprenait des études d'ingénieur. A plus de 40 ans, il se replongeait dans cours et bouquins, devait présenter un mémoire pour obtenir son Master. Rien que pour cette démarche, je l'admirais. Ce mémoire est vite devenu notre "bébé". Il m'a pas mal sollicitée pour l'aider à le rédiger, le synthétiser, le préparer. Je suis même devenue une pseudo experte en Knowledge Management. Nous nous taquinions, nous surnommant la Dream Team. Il fourmillait d'idées, je faisais le tri, l'aidais à les formuler, le relisais, l'encourageais. Cette aventure nous a pas mal rapprochés, occupés aussi durant près de 4 mois. Habibi a obtenu son examen en septembre. Puis s'est lancé dans la recherche d'un emploi.
Peu avant son oral, mes problèmes de santé se sont un peu stabilisés. C'est à cette même période qu'un ex, my-only-real-meetic-coup-de-coeur. Snoop (et pas des moindres, j'en ai déjà parlé sur ce blog) a fait une brève réapparition. On s'est revu, Maylis s'est trouvée face à un sacré dilemne: continuer avec Habibi qui représentait la fiabilité, le sérieux, la disponibilité, la continuité, ou repartir avec Snoop qui était la passion, l'alchimie sensuelle, l'instabilité, le mystère, l'insaisissable, l'over-booké. Pour une fois dans mes choix amoureux, j'ai opté pour la raison. Snoop m'en a beaucoup voulu. Mais il m'avait par le passé tellement malmenée que je ne parvenais plus à lui faire confiance. Quitter Habibi à seulement 15 jours de son examen, je ne m'en sentais pas le droit, je trouvais cela égoïste et injuste de ma part. Alors nous avons continué tranquillement notre petit bout de chemin, une relation paisible, sans relief ni éclat, ponctuée de quelques coups de gueule. Il faut bien reconnaître que parfois j'ai été impulsive, directive, entière, excessive et même chiante!
Avec le temps, mes envies ont commencé à évoluer...
Son manque de tendresse me pesait de plus en plus, son absence de projet commun, son désir persistant de ne pas construire, de ne pas s'engager me frustrait. De plus, alors que je commençais à m'attacher, cela faisait plus de six mois que nous étions ensemble, il continuait à me seriner: "Ne tombes pas amoureuse, restons comme ça, je ne veux pas que tu sois déçue ni que tu souffres". Fin octobre, il m'a invitée à un week-end prolongé à Barcelone. Il m'avait promis ce voyage s'il obtenait son diplôme, il a tenu parole. Nos différents ont commencé à devenir plus criants. Nous n'avions pas la même façon de voyager ni de faire la fête, je lui reprochais son manque d'initiative et de curiosité. Ce séjour, loin d'être romantique comme je l'espérais, fut assez tendu et prétexte à conflits. En flânant dans la ville, je faisais une fixette sur tous les couples qui se promenaient main dans la main. Lui me semblait déjà si loin. Il ne supportait aucun signe d'affection en public, ni dans la rue, ni même dans la pénombre d'une salle obscure de ciné. Ce qu'il appellait pudeur, je le prenais comme un manque d'égard et d'attention. A notre retour à Paris, nos relations ont continué à se dégrader, cela s'est également ressenti dans l'intimité. Moins de complicité, plus de malentendus, pour d'un commun accord fin novembre nous quitter. Nous avons essayé de rester amis, avons continué à nous voir au même rythme, pour des pots, des restaus, des cinés. Puis le lien s'est dégradé, on s'est de plus en plus disputé, de moins en moins supporté.
Depuis quelques semaines, on s'est éloigné, sans pour autant vraiment rompre l'amitié. C'est Habibi qui m'a poussée à créer ce blog, il fut mon coach des débuts, mon plus fervent lecteur. Rien que pour ce coup de pouce, je l'en remercie. Si j'ai tardé à écrire sur lui, sur nous, c'est tout d'abord parce que je savais qu'il me lisait, du coup je me censurais. Mais je crois que j'ai surtout eu besoin de faire le deuil de cette histoire avant de pouvoir la mettre en mots. Comme toute relation, elle a compté. Même si finalement nous ne nous sommes pas réellement aimés, on s'est apprécié, on a probablement inconscienment projetté, espéré. La séparation s'est certes faite en douceur, mais elle signifiait un constat d'échec de plus. Depuis je n'ai pas rencontré d'autre homme, j'ai souhaité me pauser, me recentrer sur mes véritables désirs afin de mieux reconstruire.
Habibi, si tu me lis.....
Cet article, je te le dédie ;-)
par Maylis
publié dans :
Meetic Life, entre joies et galères
ajouter un commentaire commentaires (7) créer un trackback recommander
ajouter un commentaire commentaires (7) créer un trackback recommander



Vos Com' et Réactions