- Synonymes du terme « chiant » : ennuyeux, importun, difficile, contrariant assommant, emmerdant, fatiguant. Je te laisse deviner la signification des mots en caractère gras ;-) Je te livre aussi cette phrase trouvée sur le net : «une femme chiante c’est une femme qui te pompe l’air quand elle est avec toi et qui t’empêche de respirer quand elle n’est plus là ». Bon là! C’est un peu exagéré mais je m’y retrouve un peu quand même ! Un lecteur m’a suggéré d’écrire un texte là-dessus. Parce que justement il n'apprécie pas trop les "chiantes" et que je disais en être une. Bon! Déjà faudrait s’entendre sur ce que l’on entend par « femme chiante ». A mon avis, les femmes le sont toutes plus ou moins. Ensuite parler de ce côté un peu plus obscur de soi n’est pas un exercice facile. Quoique pour le lecteur des plus fidèle, il sait également que je parle ici sans faux semblant.
Bon ben après y avoir un peu réfléchi, je me sens prête à relever le défi. C’est parti! Quasi tous mes « chéris » ont dit de moi que j’étais une chieuse, comme ils ont dit aussi que j’étais attachante généreuse et attentionnée. Je reconnais bien volontiers que parfois je peux l’être. Il paraîtrait même que c’est de famille. Mais le hic est que j’ai toujours la naïveté de croire (souvent à tort) que mes qualités permettent d’équilibrer la balance, que si en plus le mec est attaché (ou encore mieux, amoureux), il oublie assez vite ce côté chiant et en tout état de cause me pardonne. L’avant dernier ne l'a pas fait. Suite à un dérapage resté en travers de sa gorge, il a pris la poudre d'escampette. J'en ai conclu qu'il était moins « tombé en amour » que je ne l’imaginais….
Bref! Selon moi être une femme chiante ne veut pas dire grand-chose, le chiant pouvant se manifester différemment d’une femme à l’autre, se pratiquer selon des dosages plus ou moins variables subtils et importants. Comme jumelle, on trouve aussi « la femme prise de tête », autre grande hantise de l’homme moderne. Expression qui ne veut pas dire grand-chose. Comme si lui ne pouvait pas nous la prendre la tête, ni jamais nous faire chier!!! Ami pote lecteur ou amant, laisse moi sourire un instant, comme te dire que sur ce marché on ne détient pas l’absolue exclusivité !
Maintenant rentrons dans le vif du sujet, essayons d’expliquer ce que revêt le terme chiant me concernant. Il s’agit plutôt d’attitudes, plus ou moins répétées, repérées essentiellement dans ma relation à l’homme et accentuées si je tiens à lui. Quand j’en ai rien à faire, cet aspect est évidemment modéré, je me tiens plus à distance et l’affaire est vite classée.
Bon allez! On y va! Lorsque je suis chiante, je suis :
- impulsive et impatiente
- hypersensible et émotive
- maladroite et cash
- exigeante et insistante.
Une fois que j’ai dit ça, est ce que j’ai tout dit ? Ben non! Ne crois pas que je m'en sors si bien! Ces traits de caractère dénotent là encore des façons d’être et de faire différents selon les personnes. De manière générale, je pense qu’elles sont synonymes d’un fort tempérament. Pratiqué à dose raisonnable, je pense que le côté chieuse pimente la relation et évite l’ennui. Argument très subjectif et personnel, je te le concède. Et là… J’imagine déjà le lecteur masculin faire des bonds, préparer ses arguments pour se lancer dans un débat contradictoire, tentant à prouver à quelque point une femme cool, pas chiante, calme et docile est tellement plus agréable à vivre. Ok les gars, on en reparle dans l'espace com'.
Puisqu’Oblix me l’a gentiment demandé, je vais essayer de détailler de quelle manière mon côté chiant peut s’exprimer et analyser le pourquoi de la chose:
- impulsive et impatiente : l’impatience et l’impulsivité vont souvent de pair, on les retrouve chez les caractères entiers et sanguins. Déjà que je ne sais pas trop bien gérer l’attente, mais c’est encore plus vrai dans le domaine amoureux. Ensuite ce côté impatient est encore plus accentué chez moi lorsque je sors d’une séparation sentimentale mal digérée, que j’entame une seconde histoire sans avoir pris le temps du deuil de la première. J’ai alors disons besoin d’être très rassurée. Tant que je n’ai pas de réponse, j’insiste, j’appelle, je textote, j’e-mail. Les portables toujours sur répondeur ou les mecs qui ne répondent jamais sont ma hantise, pas mieux pour me fragiliser. Un autre de mes travers aussi est que je ne sais pas toujours créer le manque ou laisser le temps à l’autre de désirer de son côté : je fonce, je propose, je prends des initiatives, je suis très présente. Cette impatience est typiquement féminine et signifie souvent une peur de l’abandon. Le truc qui complique un peu plus la chose est que j’ai une nette attirance pour les blacks, des mecs souvent du genre nonchalants.
- Hypersensible et émotive : ça, ça reste mon gros problème. Bien que l’ayant déjà travaillé, dans une relation sentimentale qui commence à compter j’ai tendance à être hypersensible, à avoir du mal à gérer mes émotions. Surtout en période de stress ou de fatigue. Du coup ça peut donner des « pétages de plomb » téléphoniques, des crises de larmes, énervements et autres débordements émotionnels qui n’ont pas lieu d’être. Ils apparaissent lorsque j’ai le sentiment d’avoir été malmenée, incomprise ou pas respectée. Le ressentir ne veut pas forcément dire que ça l’était. Je reconnais que pour le mec en face ce n’est pas très marrant, que ça demande de sa part du calme, de la patience et une bonne dose d’amour.
- Maladroite et cash : je dis trop facilement ce que je pense, parfois sans filtre. Je suis cash et franche. Ce côté hyper spontané est certes charmant mais il peut aussi blesser ou désarçonner. Ces « bourdes verbales » ne concernent jamais des aspects physiques ou intimes, mais c’est plus des attitudes ou des traits de personnalités qui m’ont déplus, sur lesquels je ne peux m’empêcher de m’exprimer. Disons que je pratique parfois le perçage d’abcès à trop forte dose. En plus je suis très observatrice, je vois tout : une crispation de visage, un sourire gêné, une attitude corporelle dénotant un malaise, un manque d’élan, un coup de fil importun. J’ai tendance (pas tout le temps sinon ce serait épuisant) à ne pas laisser passer. Là c’est sûr que sur cet aspect, je n’ai rien d’une fille « cool » alors que paradoxalement, sur d’autres domaines, je peut-être très tolérante. Ce coté à presque traquer le truc qui ne va pas est récent. Je l’explique par la méfiance, la peur de me faire embobiner, celle de souffrir aussi.
- Exigeante et insistante: je ne le suis jamais sur des aspects matériels, vestimentaires, de loisirs. Un mec fauché, j’en ai déjà eu, personne n’est à l’abri des accidents de la vie. Par contre je suis assez exigeante sur les petites attentions, l'authenticité et la disponibilité. Encore que la disponibilité, ça se discute : aspirer à voir 2 fois par semaine son mec lorsque la relation devient sérieuse, je ne pense pas que ce soit demander la lune non plus. Je suis aussi assez exigeante sur le fait qu’une parole donnée doit être tenue, sauf événement accidentel bien sûr. J’ai horreur des mecs qui se gargarisent de grandes déclarations et projets à haute teneur en romantisme pour finalement prendre brusquement la clef des champs. Je préfère qu’on ne me dise rien plutôt que de me faire inutilement espérer. Je n’aime pas non plus qu’on me prenne pour une girouette ou encore pire une dinde. Lorsque je vois le chéri, ou que l’on se parle au téléphone, j’aime bien qu’il soit à 100% là. Je préfère de beaucoup des moments peu nombreux mais forts à la tiédeur routinière. Quand on ne se voit pas, je pense savoir respecter l’indépendance de l’autre, même si j’apprécie toujours les marques d’attentions, coups de fil et autres sms entre deux rendez vous. Egalement si quelque chose me tient à coeur, que je souhaite coûte que coûte l'obtenir, pas forcément quelque chose d'important, je peux me monter insistante. J'ai parfois un côté inutilement entêté.
Voilà! C'est fini. Pas évident, je ne ferais pas ce type d'exos tous les jours! Alors en gros si je résume : je ne suis ni une hystérique, ni une femme vénale, perverse ou malsaine. Je ne revendique absolument pas mon côté chiant. Si je n'aspire pas à devenir une femme fade et sans saveur, je pense néanmoins que je gagnerais à m'améliorer sur certains aspects. Je me définirais donc plutôt comme une chieuse du genre angoissée. Tout en étant aussi une vraie gentille, une fille tendre, drôle et bienveillante. Comme beaucoup de femmes, j’aime que mon homme soit là pour moi, qu’il m’aime et me rassure. Je terminerais ce bavardage par une phrase de Douglas Kennedy, à méditer. Elle est tirée de son dernier roman, «la femme du Vème» : «la réalité dans laquelle les autres vivent est presque toujours différente de la votre». Je pense effectivement que chacun reçoit, vit et ressent les choses de manière différente, en fonction de sa personnalité mais aussi de son histoire familiale, de son passé amoureux et du contexte dans lequel il évolue. Un accroc qui sera perçu comme anodin par l’un peut être vécu comme un mini drame par l’autre. Si l’on garde cela à l’esprit, que l’on privilégie toujours le dialogue et l’attention, sans doute que cela éviterait bon nombre de malentendus.
Si tu es chiante, comme tu dis, moi c'est double dose. Tu vois, ce que je trouve invraisemblable chez les blog-addicts, c'est que les relations humaines deviennent interchangeables, transparentes. qui est le mec ou la nana qui t'écrit, qui te livre une partie de ta vie ? Il ne restera jamais qu'un pseudo, qu'une écriture à tant d'autres pareilles : même police de caractères, même fond, souvent les styles se ressemblent, seules les fautes d'orthographe font malheureusement la différence. ce qui me pousse à dire ça, c'est que tu ne te souviennes absolument pas, en juin, d'un mec avec qui tu avais correspondu en décembre, c'est pas si loin - qui t'avait à ce que j'ai vu, raconté sa vie et qq chose qui devait être important pour lui à ce moment-là. Bien entendu, ce jeu est accepté de part et d'autre (lui ne doit sûrement pas se souvenir de t'avoir raconté ça pour lui le blog maylis, ça ne lui dit sans doute plus rien non plus !!!) Moi ça m'effraie. Que serons-nous dans dix ans ?? Des silhouettes figées devant notre ordinateur,autant de fantômes correspondant les uns avec les autres sans aucune rencontre possible. Ce n'est pas étonnant, que transposé au niveau du sexe avec les sites de rencontre, cela ait tendance à devenir le même topo.
Béatrice, si je puis me permettre...
sache qu'après le passage sur Libé j'ai eu pdt 15 jours quelques 5.000 lecteurs quotidiens et une incroyable montée en flèche de mails c'était plutot inhabituel pr moi et depuis bcp d'eau a coulé sous les ponts un projet très personnel est devenu ma priorité et le blog est devenu plus que secondaire pr moi alors tu peux juger autrui sur ce que tu veux mais pour moi la vie réelle a tjrs eu bcp plus d'importance que le virtuel et oui! effectivement je ne me souviens pas toujours de TOUS les mails que l'on m'a envoyés via le blog, des correspondances suivies par contre oui voilà demoiselle! Ce qui signifie pas pour moi que les êtres soient interchangeables loin de là!